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Prise de position
Bruxelles, 7 septembre 1995


Une politique intégrée s'impose pour l'eau


Vu le coût de plus en plus élevé de la fourniture d'eau potable en raison de la pollution causée par les nitrates, les pesticides, etc...EURO COOP soutient les requêtes de la Commission "environnement, santé publique et protection des consommateurs" du Parlement européen et celles des Ministres de l'environnement en vue de l'adoption d'une approche intégrée dans la politique pour l'eau menée par l'Union européen.

Les directives spécifiques actuelles n'ont pas réussi à garantir le respect des normes en matière d'eau potable, ni l'application du principe du "pollueur-payeur". Il est donc devenu urgent de faire respecter une politique globale de l'eau par tous les pollueurs à grande échelle, à commencer par les agriculteurs, les industriels et les transporteurs par eau.

Dans le même ordre d'idées, la Politique Agricole Commune ne peut plus continuer de subventionner la production de masse qui encourage la surconsommation d'engrais et de produits phytosanitaires. La liste des pesticides à autoriser, telle que proposée par la Commission, doit absolument être révisée; en effet, elle contient plusieurs produits reconnus comme étant cancérigènes, à savoir Atrazine, Simazine, Lindane, etc...

Les gouvernements et la Commission européenne devraient mettre un terme aux récentes tentatives des fabricants de produits phytosanitaires de faire supprimer la valeur limite stricte prévue par la directive sur l'eau potable, qui, selon eux, freine "la capacité innovatrice" de l'industrie européenne des produits phytosanitaires. Les surfaces situées dans les régions figurant parmi les plus peuplées de cette terre ne doivent pas devenir les champs d'expérimentation des fabricants de pesticides.

La norme actuellement en vigueur d'un maximum de 0,1 microgramme d'un pesticide par litre d'eau potable ne doit pas être modifiée, d'autant que selon certaines informations récentes, ce n'est pas seulement la quantité en tant que telle, mais bien la seule présence de certains pesticides qui est cancérigène. EURO COOP réitère en cela sa prise de position datée du 11.10.1993. Il est infiniment regrettable que la valeur limite de 0,5 microgramme applicable à la charge totale ait été supprimée, alors que de nombreux types de pesticides sont utilisés.

Les directives existantes ont souvent été transposées trop tard dans les Etats membres, voire de manière diversifiée et pas toujours complète. C'est pourquoi le Conseil ferait mieux d'adopter un Règlement qui permette de fixer des règles strictes pour les divers secteurs économiques ainsi que des normes contrôlées régulièrement, dont le non-respect doit être frappé de sanctions dissuasives; en effet, jusqu'à présent, c'est toujours le pollué qui paie, à savoir le consommateur, à la fois avec ses fonds et sa santé !