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Prise de position
Bruxelles, le 16 avril 1999


EURO COOP demande à l'Union européenne de maintenir son interdiction d'importer de la viande de bœuf traité aux hormones


Euro Coop a pris note de la récente Communication de la Commission sur les trois options de l'Union européenne relatives à son interdiction frappant le bœuf aux hormones, et réaffirme sa ferme opposition à toute importation de viande de bœuf traité aux hormones sur le territoire européen.

Au vue des trois options : (1) négociation de compensations avec les USA et la Canada dans l'attente des résultats de l'évaluation des risques, (2) transformation de l'interdiction en mesure provisoire en raison du défaut actuel d'information pertinente, (3) levée de l'interdiction sous couvert d'un étiquetage de la viande provenant d'animaux traités aux hormones, Euro Coop insiste pour que l'interdiction soit strictement maintenue sur base du principe de précaution.

Euro Coop souligne la nécessité de recherches supplémentaires et d'une évaluation complète des risques que présente la viande de bœuf traité aux hormones. Le problème des hormones ne peut en effet être simplement défini comme un problème d'entrave aux échanges, les aspects de santé publique, de culture, d'environnement et de bien-être des animaux doivent également entrer en ligne de compte. A titre d'exemple, la croissance plus rapide des animaux pourrait entraîner un besoin supplémentaire de médicaments, contribuant ainsi au risque de résistance des bactéries et donc à une implication directe sur la santé humaine. Les effets directs de la consommation humaine de viande de bœuf traité aux hormones n'est pas le seul problème. Il peut par exemple y avoir des effets indirects sur la santé humaine dû notamment à l'augmentation du niveau d'œstrogènes dans l'environnement.

Si Euro Coop devait se rabattre sur une position alternative, celle-ci serait le paiement de compensations (option 1) afin que l'interdiction d'importation soit maintenue. L'étiquetage de la viande de bœuf traité aux hormones (option 3) serait de loin le dernier choix. L'étiquetage ne doit en effet pas être utilisé pour résoudre des problèmes d'une telle ampleur et ne doit nullement être indirectement utilisé comme étiquetage d'avertissement.

En conclusion, Euro Coop réaffirme le droit des pays à titre individuel, à maintenir pour des raisons de protection des consommateurs, des standards de sécurité plus stricts que ceux acceptés au niveau international. De plus, Euro Coop insiste sur le droit du consommateur à avoir accès à des produits dans lesquels il a confiance, et à ne pas se voir imposer un produit dont il ne veut pas ou qui ne lui offre aucun avantage.

Euro Coop demande que l'Union européenne assure un niveau élevé de protection de la santé des consommateurs et assure une procédure objective, transparente et sérieuse d'évaluation des risques en la matière.


NB: voir également les déclarations précédentes d'Euro Coop sur le maintien de l'interdiction de la viande de bœuf traité aux hormones des 28 mai 1997 et 18 décembre 1995.