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Prise de position
Bruxelles, 16 février 1999


Position d'Euro Coop sur le Label Ecologique


Euro Coop s'inquiète de la manière dont a évolué le système communautaire du label écologique. Nous avons toujours approuvé les principes de ce système, comme instrument volontaire visant à promouvoir les produits ayant un impact environnemental réduit pendant leur cycle de vie et à fournir aux consommateurs des informations précises et scientifiquement fondées, sur l'impact environnemental des produits. Cependant, nous souhaitons réitérer les préoccupations dont nous faisions état dans notre prise de position de 1997 sur la révision du Label écologique, et insister sur le fait que la mise en place de ce système est loin d'être satisfaisante. Dans notre précédente prise de position, nous estimions que le système du label écologique devait être encouragé car il permet d'évaluer les produits ayant un impact environnemental réduit et nous espérions que le processus de révision augmenterait l'efficacité et la transparence de ce système.

Cependant, au vu des points suivants, Euro Coop a aujourd'hui des réserves quant à la poursuite du système communautaire du label écologique :

  • Les consommateurs ne reconnaissent pas le symbole européen de la fleur : beaucoup de temps et d'argent ont été consacrés au label écologique depuis sa mise en place, et celui-ci n'est toujours pas visible sur le marché.
  • Le système du label écologique est peu soutenu et fonctionne mal : il n'est pas soutenu par certains gouvernements nationaux qui ont mis en place leur propre système. Les producteurs ne semblent non plus pas vouloir du label écologique car ils n'introduisent pas de demande, ils commencent même à se montrer réticents et cessent d'introduire des demandes.
  • Coûts administratifs élevés : les producteurs voulant utiliser le système du label écologique font face à des coûts administratifs élevés. Ils paient pour avoir des produits dont l'impact environnemental est réduit.
  • Accords difficiles sur les critères : les divers groupes d'intérêt ont des positions différentes, souvent conflictuelles. Par exemple, les consommateurs et écologistes ont tendance à chercher la perfection tandis que les commerçants, fabricants et détaillants sont moins attachés à de tels critères d'excellence. La Commission, plutôt que d'adresser les problèmes, tend à les éviter afin de satisfaire toutes les parties. Par exemple, le label écologique pour les peintures et les vernis a attiré un très grand nombre de candidats. Afin de ne pas les décourager, la Commission a donc proposé que la révision intervenant après une période de 3 ans n'introduise que des changements minimes des critères. Le problème est que la période de révision de trois ans est trop courte. Si l'on considère que le label a, dans le meilleur des cas, une durée de moins de trois ans sur le marché, les produits à durée de vie plus longue portant le label écologique resteront illégalement sur le marché, bien après la date limite pour les critères.
Euro Coop soutient les principes du système communautaire du label écologique et reconnaît l'importance d'un tel système, mais souhaite un système qui prenne en compte les points suivants :
  • Informer de manière simple les consommateurs sur l'impact environnemental réduit d'un produit afin de l'aider dans l'achat dudit produit ;
  • Encourager les producteurs à adopter le système, et donc accroître sa visibilité ;
  • Internaliser les coûts externes ; les systèmes du label écologique sont aujourd'hui à l'opposé, les producteurs devant payer lorsque le produit est plus durable;
  • Organiser de vastes campagnes commerciales afin d'accroître la prise en compte et la visibilité du système.

Des systèmes de label écologique ont fonctionné, il est donc possible que ce système européen fonctionne également. Le processus est important car il augmente la prise de conscience des consommateurs vis à vis de l'impact environnemental des produits. Leur volonté d'acheter des produits respectueux de l'environnement devrait être utilisée pour encourager les producteurs à reconnaître le besoin de tels produits.
  • Au vu de ces problèmes, Euro Coop estime que le moyen de progresser dans ce dossier est peut-être d'encourager les labels nationaux, qui sont eux reconnus, plutôt que le label écologique européen, qui lui n'est pas visible. Certains Etats membres ne veulent déjà pas utiliser le label écologique européen; les pays nordiques considèrent que le symbole du "Cygne" est plus connu et respecté et ils ne voient pas le besoin d'en changer. Par conséquent, Euro Coop propose d'utiliser les labels nationaux, à moins que, ou tant que le symbole européen de la fleur ne soit mieux connu et mieux perçu. Nous sommes conscients que certains pays n'ont pas leur propre système national, et proposons qu'ils choisissent d'utiliser le label écologique européen ou de s'incorporer dans des systèmes nationaux existant déjà dans d'autres pays.