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Rapports et Memorandum
Bruxelles, octobre 1995

[ TABLE DES MATIERES ]

Années décisives pour la politique européenne
de protection des consommateurs
 
Bien-être des animaux et qualité de la viande


La notion courante de "production de la viande" caractérise de façon la plus évidente les relations entre les producteurs concernés et les animaux de boucherie. La pratique montre que ce sont les animaux dans la production de masse qui subissent les souffrances les plus atroces.

On se demande de plus en plus pourquoi les animaux de boucherie, élevés dans le but précis de servir à l'alimentation des hommes, sont traités au cours de leur vie d'une telle manière qu'ils subissent des souffrances indignes de l'homme. Jusqu'à présent, il n'a souvent pas encore été possible d'épargner à ces animaux de mauvais traitements, au moins sur le chemin de l'abattoir. D'ailleurs, le récent compromis du Conseil "agriculture" du 20.06.1995 concernant la durée des transports d'animaux ne constitue pas une solution acceptable.

Il ne devrait pourtant pas être difficile de garantir également un traitement digne d'êtres humains à des animaux destinés à l'alimentation des hommes. En outre, tout le monde sait aujourd'hui que si ces animaux sont bien traités jusqu'à leur mort, la qualité de la viande sera meilleure.

Les causes d'une telle situation sont à imputer à la Politique Agricole Commune (PAC). Celle-ci repose en effet sur le principe des subventions aux prix/quantités. Elle apporte ainsi son soutien financier à la production de masse; car qui produit en grandes quantités, percevra des subventions d'autant plus élevées. Dès le début, ont manqué des normes strictes de qualité.

Au cours de toutes ces années, les critères de qualité n'ont guère été renforcés, ce qui a permis à la production de masse de se développer librement.

Pour ce qui est de la production de viande, et notamment de viande de volaille et de viande porcine, cela a provoqué un plus grand recours aux médicaments tels que les antibiotiques, aux tranquillisants, aux hormones, etc... sans lesquels une production de masse ne serait pas concevable. Si bien que la qualité a de plus en plus laissé à désirer.

Face à l'accumulation d'excédents invendables issus de la production agricole de masse, à une qualité de viande assez déplorable et à la tendance de plus en plus forte des consommateurs à privilégier une production plus naturelle, et ce, par peur des résidus de médicaments et de pesticides, quelques producteurs et ensuite les responsables de la politique agricole ont commencé à réagir.

Si bien que dans les années 70, et plus encore au cours des années 80 et jusqu'à ce jour, les tendances et méthodes de production sont devenues de plus en plus divergentes, à commencer par la production "biologique" jusqu'aux variantes telles que la création d'un "label" propre par certains producteurs ou par des groupes de producteurs.

Pour ce qui est de la politique officielle, le Règlement n° 2081/92 apportait son soutien à la production de spécialités régionales. Il donnait ainsi la possibilité aux producteurs de se spécialiser dans une zone géographique donnée et d'obtenir des prix plus élevés, du fait d'une concurrence réduite.

Un autre Règlement, en date du 14.07.92, créait des monopoles locaux et régionaux pour des produits ayant des caractéristiques spéciales, en essayant d'assurer, voire d'accroître le niveau de revenus des producteurs.

Déjà en 1991, le Règlement 2092 a permis de protéger et promouvoir la production biologique, en commençant par le domaine des produits végétaux. En avril 1995, la Commission publiait sa proposition de complément à ce Règlement en vue de l'étendre à la production de viande.

Dans ce Règlement de complément, il est prévu que dès le stade de l'élevage, les animaux de boucherie bénéficient de soins particuliers, à la fois dans leur vie quotidienne et pendant leur transport.

Par contre, il n'a pas encore été possible d'assurer un traitement digne aux autres animaux de boucherie issus de la production de masse. Les souffrances infligées aux animaux sont une chose courante et les scènes d'horreur ne sont pas rares non plus, comme l'ont montré diverses images ou divers reportages.
Les amis des animaux et les consommateurs critiquent avec véhémence de tels traitements de la part des professionnels, et la qualité de la viande n'est pas sans en pâtir.

Les producteurs n'ayant fait preuve d'aucune compréhension jusqu'à présent, il est grand temps que les consommateurs réagissent à une situation aussi intolérable, afin qu'au moins les responsables politiques soient contraints de freiner le financement de cette production de masse avec les deniers publics, et de faire en sorte que de telles méthodes de production de masse ne soient plus possibles; et ce, d'autant plus que l'utilisation d'antibiotiques et de tranquillisants devrait être interdite dans l'alimentation animale. L'interdiction d'anabolisants déjà en vigueur devrait faire l'objet de contrôles bien plus stricts, assortis de sanctions dissuasives en cas de non-respect de cette réglementation.

La production d'une viande de moindre qualité et les souffrances infligées aux animaux ne devraient plus bénéficier d'un soutien financier, tandis que la production de bonnes qualités pourrait bénéficier d'un soutien financier.
 
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